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Le processus créatif

Le processus créatif suit un ordre d’étapes successives qui partent de l’étape minérale à celle du moi créateur (le divin). Ces étapes sont les mêmes que celles du développement de la cosmogonie dont j’ai déjà parlé. Elles sont réduites ici à trois étapes fondamentales.
Le big bang...un mandala en perpétuelle expansion

Les trois plans de la création
1 - Le chaos. Étape du minéral, de la création brute non contrôlée, de l’élan créatif originel, de l’intuition. C’est le monde de l’imaginaire et des archétypes. Il est connecté à la mémoire de l’humanité. Je le perçois avec mes vibrations originelles (cellulaires) transmises de façon transgénérationnelle.
2 - La réalité temporelle. Étape du végétal, de l’animal et de l’humain. Elles correspondent toutes les trois au plan temporel et sont en liaison avec la dimension matérielle de la création, à sa manifestation. Je la perçois avec mes sens physiques.
3 - Le divin. Le plan du mystère du Moi créateur connecté à la source pure de la création, appelée communément l’inspiration. Le divin diffuse à dose homéopathique l’énergie créatrice filtrée par le chaos qui aurait à charge de la transmettre à la réalité. Partir à l’aventure dans son propre chaos, dans l’espoir de se connecter directement à l’énergie créatrice, n’est pas sans risque. Je le perçois avec tout ce que je suis.

Le mandala est une sorte de vaisseau qui permet de se frayer un chemin à travers le chaos pour recueillir l’énergie créatrice.
Avec l’expérience, il est possible de voyager dans son chaos et y revenir sans s’y perdre. C’est une source intarissable de créativité. Combien d’artistes, d’inventeurs, de génies divers sont allés s’y abreuver ? Et à quel prix ? Nombre d’entre eux ne sont pas revenus indemnes (folie, suicide…).
Pour ne pas se perdre dans le chaos, il est indispensable de s’y aventurer avec un vaisseau éprouvé par le temps et l’expérience. Un vaisseau à même de résister aux turbulences du chaos.
Le mandala fait partie des plus puissants vaisseaux qui existent pour l’explorer. La méditation "classique" est également un puissant vaisseau qui nécessite de la discipline et un apprentissage rigoureux pour également revenir sainement à la réalité. Le déblocage du processus créatif consiste à entrer dans son chaos (étape minérale) avec un vaisseau puissant, en l’occurrence le mandala, et apprendre progressivement à apprivoiser la peur de son propre chaos et les turbulences qui lui sont inhérentes. Et de laisser palpiter la matrice cosmique au rythme des cinq étapes de la création (minéral, végétal, animal, humain et divin).
Images du big bang et d'une galaxie

Qu’est ce que j’entends par chaos ?
Le chaos est pour moi le monde complexe de l’imaginaire, le lieu de séparation voire de protection qui nous sépare du mystère de la création. Un peu comme la couche d’ozone. Le chaos est en nous et autour de nous. Il est présent dans l’infiniment grand et l’infiniment petit. Il est l’univers parallèle qui contient toute la mémoire de l’humanité et celle de la cosmogénèse. C’est à la fois le monde des rêves et de l’imaginaire voire de la mort. Il est en perpétuel mouvement aléatoire. Il nous transmet à dose homéopathique l’énergie créatrice qu’il reçoit du mystère de la création dont il nous voile l’accès par son incessante agitation.
L’énergie créatrice nous est donnée comme nourriture spirituelle. Elle est le carburant de l’évolution. Si la méditation apaise la tourmente et les peurs que le chaos suscite en nous, l’amour est le phare qui éclaire les ténèbres du chaos et permet d’accueillir en pleine lumière l’énergie créatrice, nommée autrement l’énergie spirituelle. Certaines personnes inspirées parviennent à franchir la couche du chaos et reçoivent directement l’énergie créatrice à sa source. Mais ils sont rares…
L’énergie créatrice concourt à notre évolution dans un ordre dont le développement a été élaboré dans la théorie des cinq règnes : Minéral (chaos et création), végétal (la vie), animal (la survie), humain (la conscience) et divin (l’éveil). Ce processus se fait de façon naturelle. En être conscient est une force qui permet d’évoluer en adéquation avec son moi profond et les variations de ses états intérieurs.
L’art est le support de l’énergie créatrice transmise par le chaos. Une œuvre qui ne procède pas de son propre chaos n’est pour moi qu’une représentation de la réalité sans réelle profondeur spirituelle. Qu’elle soit abstraite ou figurative. L’énergie du mystère de la création se révèle dans l’accueil spontané des informations transmises par le chaos. La spontanéité déjoue les pièges de la peur et suscite dans le regard un questionnement dont seule l’âme, c'est-à-dire l’énergie spirituelle qui nous anime de vie, peut y répondre. Une œuvre qui parle exclusivement au mental, dusse t’elle présenter en apparence une énigme, est une simple opération technique entre le mental et la matière. Elle souffre d’une carence spirituelle.
Une œuvre spirituelle véhicule l’énergie vibratoire du mystère de la création, c'est-à-dire du divin. Parler le langage spirituel dans son œuvre implique que l’artiste soit lui-même dans une démarche spirituelle. Les formes et les couleurs sont un simple outil d’accessibilité. Selon l’étape où je me trouve, mon œuvre porte l’empreinte des étapes successives de mon cheminement intérieur. L’empreinte se transpose dans l’œuvre réalisée. Créer est un acte libérateur qui pousse dans mon ventre comme un enfant qui vient à la vie. Je dois mettre de côté mon égo qui voudrait que je crée une œuvre qui supplante tous les œuvres précédentes de l’humanité, c'est-à-dire qui perce le secret du mystère de la création. C’est une vaine illusion. Je crée pour moi, parce que j’en ressens l’appel. Cet appel génère un besoin à assouvir.
Quand je crée, cela me centre sur moi et me met en lien avec mon univers intérieur. Je vois plus clairement où j’en suis avec mes peurs. Cela peut certainement réveiller d’anciennes peurs. C’est bon signe. C’est signe qu’un mouvement s’opère en moi. A ce stade, je vois manifestement l’étape où je me trouve précisément. Le recul sur moi est une grâce de la création qui dévoile des vérités que mon mental essaie d’occulter. Quand je crée en conscience, en paix avec la réalité et ses repères techniques, j’accueille pleinement l’interaction créative qui se met en place entre l’œuvre et moi. Si le résultat esthétique parle à mon cœur, et non à mon mental amené toujours à spéculer, je peux considérer modestement mon œuvre comme un don de la vie. La progression technique se fait naturellement avec la pratique, c’est évident. Le degré d’appréciation d’une œuvre reste culturellement relatif et subjectif. Si mon but est d’en faire profession, il me semble qu’en matière de création, il n’y a pas d’autre performance que celle d’être au plus près de moi.
Lorsque je suis proche de moi-même, l’interaction entre le temporel et le spirituel se met naturellement en place et je peux trôner en toute liberté. L’acte créatif se fait dans un élan vers le beau qui dépasse le créateur. Sans quoi il n’est plus question de création mais de reproduction. Et qui me dira ce qu’est la beauté si ce n’est mon cœur ? L’exigence esthétique me déstabilise ? Je dois savoir qu’elle procède de la comparaison et fait spécifiquement appel au mental et à l’égo. L’égo exige reconnaissance et valorisation. C'est-à-dire la gloire. Or la gloire appartient à l’amour. C’est lui qui insuffle l’énergie créatrice et porte l’œuvre à maturité jusqu’à l’accouchement où il dévoile sa magnificence.
Toute œuvre créée dans l’amour est naturellement belle. Comme un nouveau né. Que vais-je faire s’il est handicapé ? Le jeter ? Non, la notion d’handicap n’existe pas dans la nature. Je vais tout simplement reconnaître qu’il est la transposition de ma propre réalité. Et me dire que c’est formidable. C’est formidable ! Cela me libère d’un poids. Je ne dois pas jeter trop vite ma création si elle crie ou pleure, elle m’interpelle précisément là où j’ai peur. Je la prends dans mes bras et tente de l’apaiser en lui faisant un gros câlin. Si je n’y parviens pas, je passe alors à autre chose. Dans cette conscience élargie, cela peut signifier parler, écrire, danser, faire de la musique, du théâtre ou toute autre forme d’expression, tant que je suis dans la co-création et dans l’amour, je suis sur d’être sur la bonne voie de l’art-évolution spirituelle. C’est cela être un artiste-guérisseur. L’acte de créer est le propre de la nature humaine.
L’acte de créer n’est pas l’apanage d’une élite dont les recettes techniques découlent d’un apprentissage ésotérique. Il procède d’une énergie originelle issue du mystère de la création de l’univers. Chacun porte en lui les germes de ce mystère. Le talent n’est pas une opération technique générée par le mental. Il se développe lorsque je parviens à passer outre le mental pour accueillir pleinement les vibrations envoyées par le mystère de la création. Beaucoup d’artistes, illustres ou non, y sont parvenus et y parviennent. Le talent se trouve ainsi dans la foi inconditionnelle en ma réalité créatrice. Je suis pleinement artiste quand je brave mes peurs. Je suis pleinement artiste quand je me mets en lien avec mon être intérieur, sans l’intermédiaire du mental, comme un enfant en bas âge. Cet être intérieur est pur dans son essence, en connexion avec l’énergie de la création. Il sait par nature qu’il est conçu pour créer. Et il crée.
L’adulte veut créer avec le mental. C’est pour cela que le débutant a parfois peur. Comme le mental se nourrit du passé, j’ai tendance à inscrire l’acte de création dans une démarche sécurisante et connue. Je fais volontairement appel à l’outil du mental pour réfléchir sur ma création. Or le mental s’est développé à la lumière de toutes les informations environnantes qui viennent s’imprimer dans la centrale énergétique qu’est la mémoire. Émotions, images, mots, sons, goût, odeurs, tout y est enregistré, confondu, déformé. C’est à cela que l’artiste est confronté. La pureté de l’acte créatif se trouve en vérité dans la spontanéité. La spontanéité déjoue la volonté de contrôle (les peurs).
Si j’ai été formaté par une école, il faut me défaire de la trace mentale laissée par mes enseignants pour ne garder que l’audace d’explorer ce qu’ils m’ont transmis. Si je suis autodidacte, je dois oser investiguer. Et lorsque j’ose pleinement vivre ma vie, je deviens en adéquation avec l’instant présent et je trouve le juste reflet de ma vérité. Je crée pour le seul bonheur de créer, de me mettre en lien avec moi-même, de cheminer.
Quand je crée spontanément, l’amour de la création ne se cherche plus, il se révèle comme une évidente vérité de la raison existentielle. Ne serait-ce que le temps de l’acte, je me lie entièrement à moi, aux autres et à la vie. L’évolution se fait d’elle-même à la lumière de mon audace et de la pleine énergie avec laquelle je chemine. Une œuvre conçue exclusivement avec le mental n’est rien d’autre que le fruit d’une opération esthétique porteuse de l’énergie créatrice de la mémoire, évidemment passée. Elle est pauvre en spiritualité.
La richesse spirituelle se trouve dans l’œuvre qui porte la transcendance de cette mémoire. Tout artiste qui chemine à la lumière de l’amour aspire à traverser sa propre mémoire pour accéder au mystère de la création. Tout artiste qui fait de la création sa monture de voyage, sait que la traversée n’est pas sans souffrance, qu’on se le dise. On ne se défait pas de l’emprise du mental en un claquement de doigts. C’est carrément un chemin initiatique, audacieux, peu fréquenté, qui nécessite de lâcher prise avec moult émotions envoyées comme des boulets de canon par le mental. Mais surtout, une foi inébranlable en l’amour.
C’est ce que j’enseigne dans mes stages pour débloquer le processus créatif. Ils sont ponctués de :
- Temps de création
- Temps de parole
- Temps de méditation
- Temps de partage (se raconter, rire, chanter, pleurer...).
L’outil technique devient alors plus accessible et la réalisation de l’œuvre se met en place naturellement dans un élan vers le beau, synonyme du vrai. L’œuvre authentique se fait dans la foi. J’ai foi en moi. En mon moi créateur.


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